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Interview : 15 ANS APRES L’EPOUSE DE BLACK SO MAN FAIT DES REVELATIONS TROUBLANTES.

Elle est connue pour sa franchise, et sa musique a pris le temps de trouver son public, afin de l’exposer comme étant l’une des voix sur lesquelles l’on peut compter, pour représenter le Burkina-Faso. En témoignent ses nombreuses tournées, et sa proactivité, que ce soit en télé ou encore en tant que organisatrice. Adji, puisque c'est d'elle qu’il s’agit, est également connue comme étant l’ex-femme de l’inoubliable, respectée et célébrée star Black So Man. Mais 15 ans après le décès de son défunt époux, qu’est devenue Adji ? D’ailleurs qui était Black So Man selon son ex-femme ? Que ne savions-nous pas sur ses relations avec son fils ? Que se passe-t-il avec la belle-famille aujourd’hui ? Et avec qui a-t-elle pu reprendre sa vie ? Adji nous dévoile tout, à travers cette interview exclusive; que l’artiste nous a accordé entre deux voyages. Lisez plutôt !

Interview : 15 ANS APRES L’EPOUSE DE BLACK SO MAN FAIT DES REVELATIONS TROUBLANTES.

OuagaShowTime (OST) : Nous avons eu l’écho de la sortie de ton album suivi d’une série de concerts dont le dernier a eu lieu à bobo. Quel bilan fais-tu de la sortie de cet opus ?

Adji: Je pourrais dire un bilan positif, parce que l’album est sorti le 16 mars 2016 et deux mois plus tard,je suis allé,en tournée,au Canada, où j’ai participé au Festival Mondial de la Music Des Femmes D’ici Et D’ailleurs à Montréal. J’ai été la révélation du festival, ce qui m’a valu des prix. Ensuite, quand je suis rentrée en août, je me préparais déjà à aller en octobre, en Italie et à Bruxelles. Et à peine rentrée, une semaine après, je suis repartie pour une autre tournée en Italie, et je suis rentrée en décembre pour me préparer pour les Etats-Unis.Donc je trouve  le bilan de ce 5e album positif parce que ça m’a permis de beaucoup tourner. Raison pour laquelle vous n’avez pas vraiment senti la promo au Burkina, et c’est d’ailleurs ça, qui justifie que, le concert de Bobo a été fait en février plutôt qu’on le fasse un peu plus tôt.

OST : Malgré le succès franc de ta carrière, on ne te voit presque pas sur les grands évènements ici au Burkina. Qu’est-ce qui n’a pas marché ?

Adji : Je dirai qu’ici au Burkina les concerts se font par clan. Donc c’est le même réseau; ce sont les mêmes artistes surles différents plateaux. Tu as l’impression que ce sont les mêmes programmeurs et donc, ils ont déjà leurs artistes qu’ils placent. Ce qui fait que ce n’est pas toujours évident de se retrouver sur les plateaux.Et puis,ce n’est pas que quelque chose n’a pas marché, c’est juste que le temps m’a fait défaut.J’ai fait un peu de télé,une année sur une émissionchez BF1 et une autre année sur A Time Burkina,pour laquelle j’étais la DGA.Ensuite, je suis intervenu sur « BONJOUR CHEZ VOUS », la matinale qui passait sur BF1. Donc, vous vous doutez bien que tout ça, me prenais beaucoup de temps et cela, ne me permettait pas d’être active en télé pourmes activités musicales. En plus,ce n’était pas évident d’avoir tout ça à faire et gérer également la société « Adji et fils ».

OST : Quand tu parles de clan, on se demande si Adji a un souci d’intégration dans le milieu musical ? Quelles sont tes relations avec les autres artistes ? Les promoteurs culturels ?

Adji :Non pas de soucis. Par la grâce de Dieu, j’arrive àm’insérerdans le moule donc je dirais que personnellement non, aucun souci.Les relations, avec les autres artistes sont bonnes de mon point de vue. Je m’entends très bien avec la grande sœur Amity, Awa Melone, bref avec toutes mes ainées et petites sœurs dans le domaine, c’est la bonne collaboration. Cela dit, la réalité des clans est évidente. Nos promoteurs ont déjà leur cercle. Ils ont des artistes avec qui ils travaillentprioritairement, par amitié et par affinité, et cela se comprend : il est mieux d’avancer avec ceux qu’on connaît. Maisil ne faut pas perdre de vue, que cela peut handicaper notre culture. Je dis culture parce que ce phénomène, ce n’est pas seulement dans la musiqueque ça se voit, mais dans tous les métiers ici.Et à force de fonctionner comme ça, on appauvrit notre culture, on la prive de sa diversité, et les gens peuvent se sentir marginalisés. Au final, ce qu’on va produire dans le pays en termes de culture, risque de devenir  monotone, ou pire : fatigant. Il faut que les réseaux s’ouvrent un peu plus, que les clans comprennent qu’il faut s’élargir et qu’on laisse sa chance à tout le monde, sur la base du talent, plutôt que des liens uniquement.

OST : Beaucoup disent que tu es devenue artiste chanteuse, suite à ta relation avec Black So Man. Qu’en-est-il réellement ?

Adji:(Rires) C’est connu : les gens aiment bien dire ce qui leur plaît quand ils ne savent pas vraiment ce qui en est. (Rires).Ce n’est pas vrai que c’est après Black So Man que l’envie d’être chanteuse m’est venue. C’est plutôt mon amour pour la musique qui m’a amené au concert de Black. Et c’est là que nous nous sommes rencontrés. Tout est donc parti de la musique, de ma grande passion pour la musique. Et depuis le début, depuis notre rencontre, jusqu’à ce que je lui dise « oui », et que nous partagions nos vies ; Black savait, car je le lui ai dit: que je voulais devenir chanteuse depuis toujours et que je m’engagerai sur ce chemin un jour. Et il était d’accord. Il faut donc dire que, j’avais cette graine en moi, et il a contribué à l’arroser pour qu’elle puisse pousser. Et puis, si je n’avais pas cette flamme, cette passion qui résiste à tout, penses-tu que j’aurais pu réussi à tenir 17 ans de carrière dans le domaine de la musique ? Devenir chanteuse, ce n’était donc pas opportuniste lié à l’après-Black-So-Man, mais un choix de cœur.

OST : Si on te demandait de présenter Black So Man en deux phrases que diras-tu ?

Adji : Déjà, deux phrases ne peuvent pas suffire (sourire). Black So Man, pour moi, c’est un grand artiste burkinabé qui a révolutionné le monde musical dans les années 97- 98. Un ange qui était présent pour parler haut et fort des maux qui minaient notre société, être au secours des plus démunis et au-delà de ça, c’était un altruiste. D’ailleurs, à travers ses chansons, on voit que c’était quelqu’un qui avait le souci d’aider tout le monde. Il avait envie de conseiller tout le monde en même temps et d’interpeller les consciences partout où cela est nécessaire. En plus, c’est un artiste subtil et intelligent. Tu te rends compte qu’il n’a appelé le nom de personne dans la plupart de ses chansons mais que, ceux qui savent ce qu’ils font et qu’ils ne devraient pas faire, se sont sentis concernés. C’est ça un grand talent : tu te sens concerné par ses mots et ses chansons t’obligent à te remettre en cause.

OST : 15 ans après sa mort, quel est le plus beau souvenir que tu as gardé de l’homme, de l’artiste, et l’époux qu’il fut ?

Adji : Quelqu’un qui aimait beaucoup rendre heureux l’autre, c’est ce que je garde de lui, un homme au grand cœur.

OST : Quels souvenirs crois-tu que son enfant garde de lui ?

Adji :Ah ça ! (Elle réfléchit) Il est parti quand le petit était tout petit. Ça fait que les souvenirs ne sont pas forcément nombreux ou trop grands. Mais je sais au moins qu’il devrait se souvenir de la phrase que lui répétait souvent son père : « Latif, au lit ! Vas dormir ! ». (Elle sourit)Notre enfant, n’aimait pas du tout dormir, son père devait fréquemment l’y obliger fermement mais tendrement certes. Je crois qu’il devrait s’en souvenir ça !

OST : Et comme nous sommes en Afrique, on se doute bien qu’après la mort de ton homme, la relation avec la belle famille, n’est plus forcément celle d’avant. Qu’en est-il aujourd’hui?

Adji : Il n’y a pas de soucis, on s’appelle tant qu’on peut. Sur le plan relationnel, tout se passe relativement bien. Cependant, c’est vrai qu’il y’a un petit problème, mais bon… je me dis que ce n’est qu’un petit souci, qui va se régler ; parce que je me dis toujours que ça peut se régler facilement ça.

OST : De quoi s’agit-il ?

Adji : C’est au niveau de l’enfant qui veut rentrer dans ses droits sur l’héritage de son défunt père. Il fut un moment où il était héritier au même titre que son grand-papa, c’est-à-dire à 50%. Mais ça fait 7 ans maintenant, que ce dernier n’est plus de ce monde, et le petit, ayant grandi, veut bien entrer en possession des biens que, lui a légués, son défunt père. Ce qui n’est pas évident actuellement, car les enfants de son grand-papa réclament eux aussi des droits ; donc il y’a de petits titillements à ce niveau. Mais qui sont en train d’être réglés au niveau de la Justice parce que je pense que ce serait inopportun de se faire des querelles inutiles sur ça. La loi est là pour nous situer et savoir qui a droit a quoi, et qui n’a pas droit a quoi. Je souhaite que chacun comprenne ce qui relève de sa part, et que tout se règle à l’amiable.

 OST : Revenons à Black So Man lui-même, mais sur le plan artistique.Tu prépares la commémoration de ses 15 ans de décès. Raconte-nous tout ça. Qu’est-ce que tu envisages ?

Adji :On a voulu marquer d’une encre indélébile cette occasion. Ce n’est pas n’importe quel artiste, donc il faut faire les choses de la plus belle des façons. Nous envisageons donc un « Black So Man Day » et ; pourquoi pas, aboutir à une « Fondation Black So Man » qui va aider les plus démunis ?

En ce sens, des démarches sont en cours. Nous envisageons déjà une journée de solidarité qui va consister à aller vers des mécènes, des commerçants, et autres volontés, afin qu’ils puissent, aider des hôpitaux en octroyant des kits de premiers soins, ou des cakes pour les enfants de la pédiatrie. Et d’autres choses, si possible.

C’est en tout cas, le combat que nous sommes en train de mener actuellement, et c’est vraiment un combat qui nécessite beaucoup de détermination, d’endurance et de temps. J’en profite d’ailleurs pour remercier tous ceux qui, nous ont fait confiance, et sont en train de vouloir nous aider, afin que le 11 mai prochain, nous puissions, au niveau de la pédiatrie, offrir quelque chose aux enfants. Je rappelle par la même occasion que, le 12 mai, au niveau de Bobo Dioulasso, il y’aura un grand concert avec Fadal Dey, Vitalo, Tall Moutaga, K Djim et d’autres.Ça sera un beau plateau.

Je précise aussi, qu’à l’intérieur du « Black So Man Day », nous avons prévu deux concerts à Ouaga et Bobo mais comme pour nous, Black So Man, n’est pas qu’un artiste territorial mais international, il yaura également, une journée qui lui sera consacrée au niveau de la Côte d’Ivoire. Ce sera à l’égard de tous ces fans qui l’ont connu, et qui le portent encore dans leur cœur. Ce sera l’occasion pour eux, de réécouter, redécouvrir ses mélodies, à travers d’autres voix d’artistes émérites (artistes burkinabé et d’ailleurs, ndlr).

Enfin, le 13 mai, nous prévoyons un autre concert à Ouagadougou, que nous espérons qu’il soit retransmis en direct à la télévision. Nous sommes en train de voir comment ce sera possible. On y travaille en tout cas.

OST : Revenons à présent à toi. Nous savons que tu as repris ta vie. Comment se passe aujourd’hui, ta nouvelle vie de couple ? Peux-tu nous parler de celui qui a réussi à reconquérir ton cœur de femme ?

Adji : C’est un homme merveilleux, tout simplement. Mon allié et complice dans tout ce que j’entreprends. Il m’a redonné goût à la vie, à l’amour, et aux choses essentielles. C’est un grand homme, conciliant, et au cœur compréhensible. Il est d’ailleurs prêt à m’accompagner dans toutes ces démarches que j’entreprends pour la commémoration de Black So Man. Je ne peux donc que le remercier pour son ouverture d’esprit et je lui souhaite longévité, plein de grâce dans sa vie. Qu’il sache que je suis là pour nous et que je le porte dans mon cœur.

OST : A court terme, quels sont les projets de la chanteuse Adji ?

Adji: Il faut dire qu’après mon concert en février, il y’a une tournée qui se prépare au Burkina, au niveau de la Côte d’ivoire, et sous d’autres cieux, comme aux Etats Unis, au Canada, à Bruxelles, en Italie, en France et si tout se passe comme prévu, également dans la sous-région.

Je rendsgrâce à Dieu pour tout cela et je remercie tout le peuple burkinabé et tous ceux qui me soutiennent, de m’avoir adopté.

OST : Et si en 3 mots tu devais décrire Adji ?

Adji :Passion, Amour et don de soi.

OST : Enfin, après toutes ces années dans le milieu, comment peut-on présenter désormais Adji?

Adji :Oh ! Présentez-moi comme je suis et comme j’ai toujours été : une petite femme déterminée, qui évolue à son rythme et qui va tout doucement vers sa maturité. Et je sais qu’au fil des prochaines années, quelque chose en moi va éclore davantage pour me faire éclore entièrement.

Propos recueilli par :

 Blanche Mireille Bailly (Stagiaire)

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